Vie et fonctionnement de la Licra

Le sigle

La question est souvent posée de la nature de ce sigle :

Pourquoi distinguer « racisme » et « antisémitisme », l’antisémitisme n’est-il pas une « forme de racisme », et en déclarant lutter contre le racisme, n’indique-t-on pas qu’on luttera contre tous les racismes, sans distinction ?

 

La réponse à cette question est double :

          D’une part elle, est la réponse par l’histoire, déjà donnée ; dans la première moitié du siècle, dans une France coloniale, le racisme est constant, mais n’est pas perçu comme tel. L’antisémitisme, en revanche était massif, élément décisif pour beaucoup de régimes politiques européens d’extrême droite, et inspirant de nombreux courants politiques présents au sein même des démocraties.

          Par ailleurs, la distinction entre racisme et antisémitisme a une signification de fond : elle veut dire que l’antisémitisme n’est pas simplement un genre ou une espèce du racisme, un cas particulier,  mais au contraire qu’il intitule dans son principe le rapport à l’extériorité de l’Autre, nié comme tel par l’antisémitisme, et que cette dénégation est également ce qui explique le racisme en général.

La lutte contre l’antisémitisme est donc la clé de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes (ces formes fussent-elles complètement inédites : il n’est pas évident par exemple que ce qu’on appelle – de façon pas très heureuse d’ailleurs – l’homophobie ne relève pas du même combat que la lutte contre le racisme. Ou encore, de façon plus complexe, que la lutte pour la reconnaissance d’un droit de l’animal ne procède pas de la même question ; ou qu’autour des thèses de l’écologie – de la « deep ecology », de ce qu’on pourrait appeler la « superstition de la nature »,  ne soient pas engagés des thèmes ou des thèses relevant eux-mêmes de la question du racisme : ces points sont évidemment à expliciter, à développer et à réfléchir).

racisme et antisémitisme

Le fonctionnement

Depuis sa fondation, la Licra s’est dotée de règles qui lui permettent de remplir les objectifs qu’elle s’est fixés. Sur tout le territoire français des sections (actuellement une cinquantaine, regroupant un peu plus de 3000 adhérents – la Lica en comptait 60000 à l’époque du Front populaire) qui ont une certaine latitude d’action, se donnent la mission de représenter la Licra et de lutter contre le racisme et l’antisémitisme.

De là, des actions de terrain, visant le racisme au quotidien, l’écoute des victimes, leur accompagnement, les constitutions de partie civile pour des faits de racisme au quotidien. Cette dimension de la vie de l’association suppose des instances nationales et des instances locales.

Les instances nationales

        La Licra , comme toutes les associations 1901, s’est dotée de statuts, déposés en préfecture, elle possède une adresse (actuellement 42 rue du Louvre, après avoir été longtemps rue de Paradis), un bureau qui comprend au minimum un(e) président(e), un (e) secrétaire, un(e) trésorier(e).

Par ailleurs, le bureau comporte actuellement une trentaine de membres, nommés par le président. Depuis sa création la Licra a eu peu de présidents : Bernard Lecache jusqu’en 1967, Jean Pierre-Bloch jusqu’en 1992, puis après un changement de statuts Pierre Aidenbaum, Patrick Gaubert et actuellement Alain Jakubowicz. Depuis la modification des statuts les présidents sont élus pour 3 ans renouvelables deux fois.

A côté du bureau, réuni une fois par mois, la Licra s’est dotée d’un conseil fédéral qui rassemble des représentants des sections, qui est en quelque sorte le parlement de la Licra et qui se réunit à peu près quatre fois par an.

Enfin, il existe des commissions nationales statutaires, les commissions juridique,  éducation, sport, culture, jeunes, mémoire histoire et droits de l’homme (MHDH). Depuis quelques années un think tank, le « cercle de la Licra », agite des idées dont la Licra essaie de tirer le meilleur parti.

Ces différentes instances se réunissent à intervalle régulier : tous les mois pour le bureau, quatre fois par an pour le Conseil fédéral, deux fois par an pour la Licra dans son ensemble, dans le cadre d’une convention qui a lieu dans une ville organisatrice, ou d’un congrès qui a lieu à Paris tous les trois ans ; et depuis quatre ans au Havre pour ce qui était une université d’été, devenue « université d’automne ».

Les instances locales

Ce sont les sections. Il y en a actuellement une cinquantaine, regroupant à peu près 3000 adhérents. Tout adhérent (l’adhésion se sanctionne par le paiement d’une cotisation dont le montant est fixé par le Conseil fédéral et par l’accord de la section de raccordement) est inscrit dans une section à la vie de laquelle il est associé.

La section est dotée de statuts votés par la section et agréés par le Conseil fédéral. Le bureau de la section se réunit régulièrement (à Dijon les réunions sont mensuelles).

Il est nécessaire à chaque section de se doter de moyens d’information (au minimum une adresse téléphonique, accessible à tous moments) et d’un service juridique. Par ailleurs la section doit maintenir le contact avec les autorités locales, la presse, tout ce qui peut lui assurer de la visibilité et la possibilité de participer à la vie civique locale.

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